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Vers de nouvelles formes d’ancrage de l’économie sociale et solidaire au sein des universités françaises

Cet article dresse un état des lieux des initiatives d’économie sociale et solidaire (ESS) au sein des universités françaises, qui peuvent être portées par des enseignants, des étudiants ou encore des services de l’université. Apparues au début du XXe siècle, ces initiatives dépassent les seules vocations d’enseignement et de recherche, et s’inscrivent dans des logiques militantes d’enseignants ou d’étudiants, ainsi que dans une perspective de transformation de la place de l’Université dans la société. Ce panorama est prolongé par l’étude d’une coopérative étudiante éphémère, Coop’en 8, portée par le service « insertion » de l’université Paris-8, illustrant une évolution majeure dans la manière dont l’Université française accueille de plus en plus souvent l’ESS en l’inscrivant dans ses missions.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Élodie Ros, Lamia Bouadi, Carole Brunet

Le quadrilatère de Desroche appliqué à l’entreprise d’ESS : nouvel exercice de géométrie coopérative

Le quadrilatère de Desroche, avec ses quatre angles symbolisant les populations de managers, de l’administration (conseil d’administration), des employés et des sociétaires, a été formalisé en 1976 pour expliciter le fonctionnement spécifique de la coopérative et sa dynamique interne. Cet article montre comment ces catégories de population mais aussi les projets et les fonctions internes peuvent concourir à l’équilibre démocratique d’une structure. En prenant appui sur des observations réalisées au sein d’une soixantaine de coopératives et d’associations loi 1901, l’auteur propose une lecture des dysfonctionnements de l’entreprise d’économie sociale et solidaire contemporaine, en présentant les quadrilatères pathologiques que l’on retrouve parfois dans certaines associations, Scop, CAE ou Scic, mais aussi les voies pour retrouver le quadrilatère d’origine et son équilibre.

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Yves Cariou

Financement public des associations et écart salarial entre hommes et femmes : nouvelles perspectives pour l’égalité professionnelle ?

Cet article examine la relation susceptible d’exister entre le financement d’origine publique perçu par les associations et l’écart de salaire entre les hommes et les femmes qui y travaillent. À cette fin, les auteurs apparient deux bases de données, l’enquête de l’Insee « Associations 2014 » qui présente la situation de ces organisations en 2013 et les Déclarations annuelles de données sociales (DADS) de la même année. Les résultats obtenus montrent que, dans plusieurs cas, une part plus importante de ressources en provenance des fonds publics est accompagnée d’un écart de salaire plus faible entre les deux sexes. A l’heure où les pouvoirs publics ont la possibilité d’inclure des clauses sociales dans les marchés publics, cette recherche ouvre des perspectives nouvelles en matière d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Lionel Prouteau, Viviane Tchernonog

Gouvernance d’une association villageoise d’épargne et de crédit : entre intentionnalité et spécificité

Cet article traite de la gouvernance des associations villageoises d’épargne et de crédit (Avec), à partir de l’étude d’une structure de ce type située au nord du Bénin. L’auteure s’intéresse particulièrement aux mécanismes de contrôle en présence ainsi qu’à leurs interactions. Elle s’appuie pour cela sur la grille de lecture de Charreaux (1997) adaptée aux associations, avec une approche orientée sur les parties prenantes empruntant les principes et les valeurs de la coopération des théories du contrat psychologique et social. L’analyse montre que les mécanismes spontanés et spécifiques (confiance, pression par les pairs, etc.) sont les plus importants. Ces associations sont non seulement des alternatives viables, mais aussi des catalyseurs pour le renforcement du capital
social, le leadership des femmes et le développement communautaire économique et social.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Djaoudath Alidou

Les relations dialectiques entre l’entrepreneuriat social et l’ESS au Maroc

Le développement de l’entrepreneuriat social, dans son acception dominante d’origine anglo-saxonne (social entrepreneurship), divise parmi ceux qui  défendent une pluralité des formes d’entreprendre : peut-il (re)dynamiser le secteur de l’ESS, ou bien s’agit-il d’une énième réinvention du capitalisme ? De telles positions gagnent à être étayées par des analyses contextualisées, ce que l’auteur réalise dans cet article à partir d’une enquête conduite au Maroc dans les années 2010, montrant que l’entrepreneuriat social y a d’emblée été bien plus proche du modèle porté par la start-up que de celui de l’entreprise sociale. Les « entrepreneurs sociaux » marocains témoignent ainsi d’une vision peu critique du capitalisme, bien que la recherche d’utilité sociale soit au cœur de leur engagement. Si, paradoxalement, cela participe à la marginalisation des structures de l’ESS, cet attrait pour le « social » pourrait être favorable à l’émergence de pratiques plus solidaires.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Quentin Chapus

Le mouvement d’éducation populaire entre innovation sociale et innovation financière : l’exemple des fédérations de centres sociaux

La mise en place de normes et de procédures européennes au sein du secteur social et l’arrivée de nouveaux acteurs associatifs en France – fonctionnant sur un modèle de start-up pour intervenir dans le domaine du social – soulèvent plusieurs questions relatives à l’avenir de plus de deux mille centres sociaux français. Ces derniers sont des structures de proximité, reconnues d’utilité publique, proposant des activités sociales, éducatives, culturelles, familiales, répondant aux besoins des habitants, dans une démarche d’éducation populaire et d’animation du territoire.
Mais, depuis l’adoption en 1986 de l’Acte unique européen et la libéralisation de la partie économique des services sociaux des pays membres, la conception de l’intervention sociale est transformée via des notions de productivité, de rentabilité et de modernisation. Nous appellerons ce processus l’« européanisation », qui remet en cause l’organisation traditionnelle des services publics tout en  transformant progressivement une mission d’intérêt général en « problème à résoudre » (Vezinat, 2019). Ainsi, les minima sociaux coûteraient « un “pognon de dingue” et seraient inefficaces » pour lutter contre la pauvreté, le chômage, le déficit budgétaire et la dette publique. Ce paradigme emprunte en partie un langage et des comportements pratiques issus de l’entreprise et du New Public Management (Bezes, 2012)

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
André Decamp

Limiter le gâchis humain dans les petites structures employeuses L’exemple de la commission paritaire employeurs-salariés de la Confédération paysanne

Le monde associatif employeur est caractérisé par un très grand nombre de petites et très petites structures employeuses. Parmi les 159 000 « entreprises  associatives » (Marchal, 1992 ; Hély, 2009) que compte la France, 73,7 % emploient moins de dix personnes. Si ces structures ne rassemblent que 10,3 % de l’emploi associatif, cela représente tout de même environ 190 000 personnes (sur un total d’1,85 million). Or, lorsqu’un conflit du travail éclate dans ces structures, employeurs comme salariés sont peu outillés pour y faire face.
Isolés dans leur structure, les salariés sont souvent éloignés des syndicats, très peu implantés dans les petites structures employeuses, qui pourraient les  aider à se défendre. Ils n’ont pas plus la possibilité de bénéficier d’une médiation en présence d’un délégué du personnel : la loi n’en prévoit pas dans les  entreprises (associatives ou lucratives) employant moins de dix personnes. Les salariés se retrouvent seuls face à l’employeur. L’inverse est  également vrai : les employeurs sont, eux aussi, rarement accompagnés, par un syndicat patronal ou des personnes compétentes, et peu formés pour gérer ces conflits. Résultat, la situation débouche souvent sur le départ du salarié concerné  (Borisova et Rey, 2014), sans que tout ait été tenté pour résoudre la situation.
Si les conflits sociaux sont inhérents au monde du travail, il est tout de même possible de limiter le gâchis humain qui en résulte. Pour cela, les petites structures employeuses peuvent s’inspirer des plus grandes et mettre en place un nécessaire « dialogue social » sur les conditions et l’organisation du travail, réaliser des médiations pour résoudre les conflits quand c’est possible.

 

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Simon Cottin-Marx

Trois « utopies réelles » d’hier aussi ambitieuses que concrètes : Buchez, Gide et Bourgeois

Ce texte porte sur les alternatives développées au XIXe siècle et au début du XXe par des auteurs, Philippe Buchez, Charles Gide et Léon Bourgeois, dont les travaux font référence dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Ces alternatives sont fréquemment qualifiées d’utopiques par leurs adversaires. Pourtant, si elles visent l’avènement d’une nouvelle société, elles s’accompagnent également de mesures très concrètes. L’association ou la coopérative constituent la composante centrale de ces alternatives. Cet article en propose une évaluation comparative en identifiant notamment leurs différences.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Hervé Defalvard, Cyrille Ferraton

Confrontée à un État social néolibéral, l’ESS est-elle en mesure de proposer des voies alternatives ?

Les voies alternatives ouvertes par l’économie sociale et solidaire (ESS) sont questionnées à la lumière de la transformation de l’État social français sous l’effet du néolibéralisme. Identifié dans ses fondements politiques à la « gouvernementalité », à l’« entrepreneurialité » et au « managérialisme », l’État social néolibéral promeut un ensemble de normes institutionnelles affectant l’ESS, qui tend à évoluer vers une économie sociale d’entreprise. Ce mouvement normatif qui touche aux valeurs, aux principes et aux structures de l’ESS permet-il d’envisager des alternatives ? Selon les auteurs, des ferments de pratiques alternatives sont observables en marge des institutions publiques. Parallèlement, des regroupements territorialisés semblent constituer une autre trajectoire alternative, cette fois-ci en lien étroit avec l’action publique.

 

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Laurent Gardin, Patrick Gianfaldoni

Magasins gratuits : vers la fondation d’un nouvel imaginaire économique

Cet article analyse les pratiques de réemploi et de partage au sein des magasins gratuits qui proposent un modèle de sortie de la transaction marchande par la gratuité des biens mis à disposition. Ces expériences sont confrontées à la prégnance de l’imaginaire marchand, qui articule le « sophisme économiciste » dénoncé par Polanyi – assimilant toutes les pratiques d’échange à un échange marchand – et une compréhension étriquée du don conduisant à sa forme jugée problématique par Mauss : le don-charité. Les auteurs montrent comment la force de l’imaginaire marchand conduit à des usages et à des pratiques différentiés, parfois en contradiction avec les objectifs politiques de ces expérimentations citoyennes. Ils soulignent la nécessité d’un travail institutionnel pour soutenir l’invention d’un imaginaire alternatif rendant possible ce mode alternatif de circulation-partage des biens.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Elisabetta Bucolo, Vincent Lhuillier

Le délibéralisme, une alternative écologique au capitalisme

L’ESS est un ensemble d’innovations sociales diverses, dont beaucoup reposent sur des principes d’action qui ne sont pas ceux du capitalisme. Étudier ces initiatives et chercher à assembler leurs principes de fonctionnement permet aux auteurs d’élaborer un paradigme alternatif qu’ils nomment « délibéralisme » - un terme qui marque la nécessité de se défaire du libéralisme pour entrer dans la délibération. Pour illustrer leur démarche, les auteurs décrivent dans un premier temps les réponses concrètes des initiatives d’ESS à un problème écologique clé : la marchandisation du temps. Dans un deuxième temps, ils élargissent de manière théorique ces exemples empiriques afin de proposer un paradigme alternatif plus radical et écologique, voie de sortie du capitalisme.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Éric Dacheux, Daniel Goujon

L’impact de la directive européenne Solvabilité II sur la gouvernance des sociétés d’assurance mutuelles françaises

Cette recherche vise à caractériser l’impact de la mise en place du cadre législatif imposé par la transcription en droit français de la directive européenne Solvabilité II sur la gouvernance des sociétés d’assurance mutuelles. Appuyée sur l’étude de trois cas de mutuelles considérées comme majeures en France, l’article montre comment ces organisations adaptent le modèle de gouvernance édicté par Solvabilité II à celui issu des valeurs mutualistes. Elle met notamment en évidence les spécificités revendiquées par leurs dirigeants en la matière et questionne la place donnée à la rémunération de ces derniers comme mécanisme de gouvernance au sein des mutuelles. Enfin, elle souligne le rôle important joué par les autorités chargées de la transcription, du suivi  et du contrôle dans la mise en place de la directive européenne.

 

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Hubert Séran

Création de valeur au sein des institutions de microfinance de l’UEMOA : l’impact des parties prenantes

Les institutions de microfinance (IMF) ont pour objet de prêter de l’argent aux populations qui ne disposent pas de moyens suffisants pour accéder au système bancaire formel. Ces IMF regroupent plusieurs acteurs susceptibles de poursuivre des objectifs et des intérêts différents, voire conflictuels, ce qui peut être source d’inefficience. Cet article s’intéresse à l’impact des parties prenantes des IMF sur la richesse créée en leur sein dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). L’auteur montre que, si le volume des crédits accordés aux clients et la qualité de l’indice de macro-gouvernance de chaque pays ont une influence positive sur la richesse créée par les IMF, les résultats sont plus mitigés en ce qui concerne l’impact des apports des propriétaires ou des sociétaires, ainsi que des subventions publiques. Dans tous les cas, les épargnants, les prêteurs et la clientèle féminine n’ont aucune influence significative sur la création de valeur de ces IMF.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Mamadou Ndione

Quelles évolutions de la raison d’être des coopératives agricoles françaises ? Regard historique sur un construit social

Cet article propose une mise en perspective historique des évolutions de la raison d’être des coopératives agricoles françaises. Les auteurs montrent que celles-ci, au fil de leur histoire, ont transformé leurs missions et services essentiels en fonction des attentes et des défis qui s’exprimaient dans leur environnement socio-économique. Ils détaillent également les principales ruptures, dans la conception de cette raison d’être, qui jalonnent le parcours de la coopération agricole française et conduisent aux tensions et remises en question contemporaines. En montrant comment s’organisele travail de définition de la raison d’être, cet article apporte un éclairage original sur l’émergence, avec l’épidémie de Covid-19, de nouveaux défis agricoles et alimentaires qui questionnent à nouveau les services et missions de base des coopératives agricoles.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Bertrand Valiorgue, Emilie Bourlier-Bargues, Xavier Hollandts

La résilience de l’écosystème des monnaies locales en France face à la transition numérique

En moins de dix ans, les monnaies locales complémentaires se sont multipliées en France et un écosystème dynamique s’est constitué. Alors que la quasi-totalité d’entre elles se sont développées avec la mise en circulation de monnaie papier, on observe aujourd’hui un passage accéléré vers la forme numérique. L’article précise les enjeux de cette transition et discute les relations de concurrence/complémentarité entre monnaies locales et cryptomonnaies dans le contexte français, marqué depuis quelques années par l’irruption des acteurs de la FinTech. En dépit d’une logique de rendement croissant induit par l’adoption de solutions technologiques qui ne sont pas neutres, l’écosystème des monnaies locales en France s’avère être suffisamment résilient pour surmonter les risques liés à l’intervention de ces acteurs extérieurs animés par une logique financière.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Yannick Lung, Matthieu Montalban

Facteurs d’implantation de l’ESS dans les territoires : proposition pour une nouvelle modélisation

En France, de nombreux travaux permettent de mesurer le poids de l’économie sociale et solidaire (ESS) à différentes échelles territoriales. Ils sont issus de deux  traditions : l’une fondée sur des statistiques descriptives (s’appuyant sur un périmètre de l’ESS et une méthodologie quantitative stabilisée), l’autre basée sur des données qualitatives afin de mieux comprendre les facteurs explicatifs de ce poids (historiques, géographiques, socio-économiques, etc.). Les défis méthodologiques
posés par l’étude du poids et surtout du rôle de l’ESS dans le développement territorial persistent, et les travaux sur les facteurs d’implantation géographique des organisations de l’ESS restent à approfondir. Cet article propose un modèle statistique permettant d’étudier ces relations entre caractéristiques socio-économiques d’un territoire et implantation de l’ESS.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Amélie Artis, Benjamin Roger, Damien Rousselière

Facteurs d’implantation de l’ESS dans les territoires : proposition pour une nouvelle modélisation

En France, de nombreux travaux permettent de mesurer le poids de l’économie sociale et solidaire (ESS) à différentes échelles territoriales. Ils sont issus de deux  traditions : l’une fondée sur des statistiques descriptives (s’appuyant sur un périmètre de l’ESS et une méthodologie quantitative stabilisée), l’autre basée sur des données qualitatives afin de mieux comprendre les facteurs explicatifs de ce poids (historiques, géographiques, socio-économiques, etc.). Les défis méthodologiques
posés par l’étude du poids et surtout du rôle de l’ESS dans le développement territorial persistent, et les travaux sur les facteurs d’implantation géographique des organisations de l’ESS restent à approfondir. Cet article propose un modèle statistique permettant d’étudier ces relations entre caractéristiques socio-économiques d’un territoire et implantation de l’ESS.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Amélie Artis, Benjamin Roger, Damien Rousselière

Des coopératives de travail du XIX e siècle aux CAE et aux Scic : les coopératives comme espace méso critique

Les coopératives, par leur modèle et leur fonctionnement, assurent une fonction critique à l’égard des dynamiques économiques dominantes, fonction qui les  constitue en espace méso, c’est-à-dire différencié du régime capitaliste au sein duquel elles sont pourtant insérées. Pour analyser les canaux par lesquels s’effectue  cette différenciation, les auteurs s’appuient sur la théorie ainsi que sur l’étude des coopératives de travail au XIX e siècle, puis celle des Scic et des CAE pour la période  contemporaine. Après avoir rappelé les dynamiques à l’œuvre entre l’espace méso coopératif et le régime capitaliste, ils montrent comment la fonction critique des coopératives peut constituer un espace méso critique de sortie de crise aujourd’hui.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Catherine Bodet, Thomas Lamarche

Les inégalités de pouvoir au sein des coopératives de femmes au Maroc

Cette étude s’appuie sur une enquête qualitative réalisée auprès d’une quarantaine de femmes membres d’une dizaine de coopératives au Maroc. À partir d’une perspective sociologique, l’auteur analyse la régression de l’esprit solidaire au sein des coopératives féminines et montre comment les tensions entre esprit coopératif et utilitarisme peuvent influer sur le partage du pouvoir. Confrontées à la pression du marché, les coopératives sont amenées à choisir des dirigeantes disposant d’un capital culturel, relationnel et économique qui facilite le développement de leurs compétences. Puis l’investissement de ces dirigeantes et les efforts qu’elles déploient pour gérer la coopérative tendent à légitimer le renforcement de leur pouvoir au sein de la structure et à servir leur intérêt personnel plutôt que l’intérêt collectif.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Saâdeddine Igamane

Socio-métabolisme du capital et agriculture cubaine de 1960 au début des années 1990

Cet article examine les principales transformations de l’agriculture à Cuba depuis la révolution de 1959 jusqu’à la « Période spéciale » au début des années 1990. L’auteure souligne les contradictions entre le projet socialiste et les choix opérés dans la politique de développement agricole. S’appuyant sur les travaux d’István Mészáros sur le « socio-métabolisme » du capital, elle cherche à identifier les limites d’une projection socialiste centrée essentiellement sur l’abolition de la propriété  privée des moyens de production et la redistribution plus égalitaire des richesses produites, sans transformation radicale du mode de production hérité du système capitaliste. L’analyse met ainsi en lumière, au travers de l’expérience du secteur agricole cubain, les paradoxes et les difficultés du dépassement de la logique du capital.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Ingrid Hanon

Mutualité et capitalisme entre 1789 et 1947 : de la subversion à l’intégration

Cet article propose une relecture de l’histoire économique de la mutualité entre 1789 et 1947 au prisme de son rapport au capitalisme. Alors que, de la Révolution française à la Commune de Paris, la mutualité est une institution ambiguë, entre subversion et intégration au capitalisme, à partir de 1871, elle s’insère largement dans le capitalisme. C’est à cette période que se séparent mutualisme et syndicalisme. Toute la finesse de la réglementation de l’État sous le Second Empire et la IIIe République est d’essayer d’intégrer la mutualité pour la vider de son contenu contestataire. Contrairement aux interprétations classiques, on peut alors dire que la Sécurité sociale de 1945 n’est pas la revanche des syndicalistes sur les mutualistes, mais celle d’une certaine forme de la mutualité sur une autre.

 

Numéro de revue: 
357
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Nicolas Da Silva

Le rôle de la loi du 31 décembre 1989 dans la construction du marché de l’assurance maladie complémentaire

Cet article propose une analyse de la réforme du champ de la prévoyance complémentaire dans les années 1980. Avant la promulgation de la loi Évin du 31 décembre 1989, trois opérateurs (les mutuelles, les institutions de prévoyance et les sociétés d’assurances) interviennent de façon quasi monopolistique sur des marchés distincts. Alors que l’objectif du législateur est d’encadrer le fonctionnement du secteur, la loi va en modifier le fragile équilibre en accélérant l’émergence de comportements marchands. Il s’agit là d’un paradoxe de politique publique.

 

Numéro de revue: 
357
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Jean-Paul Domin

La fin du monopole de la mutualité territoriale ? L’analyse politique du maintien d’un leadership économique

À partir d’une étude sur les reconfigurations du marché de la protection sociale complémentaire des agents des collectivités locales, cet article s’intéresse au travail politique mené par la mutuelle leader du secteur pour maintenir son monopole. Il montre que l’opérateur historique en complémentaire santé et prévoyance dans la fonction publique territoriale mobilise employeurs locaux, cadres administratifs territoriaux et décideurs publics au sein de coalitions discursives et politiques. En travaillant à l’élaboration d’argumentaires moraux, à l’affirmation d’une identité d’assureur affinitaire et à la construction d’alliances institutionnelles, la mutuelle conserve la maîtrise de ses relations marchandes et obtient que ses options de réforme soient défendues.

Numéro de revue: 
357
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Clémentine Comer

Nouvelles règles, nouveaux défis : les mutuelles au cœur de la construction d’un marché de l’assurance complémentaire santé

Les réformes de la protection sociale en santé mises en œuvre depuis les années 1990 ont non seulement modifié le système de financement mais également conduit à la délégation d’une partie de la régulation de l’offre de soins aux organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam). Les pouvoirs publics ont adopté différents dispositifs : loi Le Roux, « contrats responsables », généralisation de la complémentaire d’entreprise et « 100 % santé », qui, en visant à solvabiliser le marché, ont permis de développer les Ocam et d’en faire des acteurs à part entière du système de protection sociale. L’objet de ce travail est d’analyser ces dispositifs à travers une grille de lecture fondée sur trois formes d’injonction : financière, politique et/ou sociale. Il pointe à la fois la continuité et les incohérences de ces dispositifs, notamment leur propension à générer des inégalités sociales nouvelles dans le champ de l’assurance complémentaire santé.

Numéro de revue: 
357
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Philippe Abecassis, Nathalie Coutinet

Quel monde associatif en période de Covid-19 ? Un panorama des situations et des enjeux issus du confinement

Les associations présentes sur l’ensemble du territoire français constituent des réseaux d’interconnaissance et d’entraide essentiels en période de crise. Cependant, le confinement a posé à toutes ces organisations – dont les locaux, quand elles en ont, sont le plus souvent exigus – un problème massif et inédit pour mener à bien leurs missions. Outre les difficultés qu’elles affrontent au quotidien depuis plusieurs années – diminution et changement de forme des financements publics, perte des emplois aidés, modification par la loi NOTRe des relations avec les pouvoirs publics, renouvellement de la gouvernance... – des défis supplémentaires sont apparus dès les premiers jours du confinement, au niveau tant national que régional, pour les grandes structures comme pour les plus petites. Sans doute les réflexions qui suivent sont-elles à nuancer en fonction de l’impact régional de la pandémie de Covid-19, mais il nous a semblé important de dresser sans attendre un panorama de la situation des associations dès les premiers jours du confinement, car les questions soulevées préfigurent certaines évolutions à venir dans les prochains mois et années. Le constat présenté ici reste donc partiel, biaisé et  daté, et des approches ultérieures reposant sur une méthodologie plus scientifique suivront sans nul doute. Il pose néanmoins des jalons et témoigne du vécu des associations sous confinement.
Ce panorama a été réalisé dans le cadre d’une étude sur les associations et fondations françaises pour le compte de EU-Russia Civil Society Forum, regroupement d’associations européennes qui publie chaque année un rapport sur plusieurs pays de l’Union européenne – plus un chapitre sur les organisations non lucratives émergentes en Russie. Outre les données de cadrage juridiques, politiques et statistiques, la méthodologie bottom-up de ce rapport repose sur une quinzaine d’entretiens auprès d’organisations plus ou moins récentes, aux formes juridiques variées et de taille ou de secteur d’activité différents. Ils doivent faire apparaître les problèmes rencontrés par les associations et fondations au cours des trois dernières années et les solutions éventuellement novatrices qui ont pu être mises en œuvre pour y répondre. Pendant le confinement, une quinzaine d’acteurs d’associations et de fondations (fondateurs, responsables ou animateurs) ont été contactés par téléphone. Cet échantillon n’est évidemment pas représentatif du monde associatif, mais les entretiens ont, dans l’ensemble, été très intéressants.

 

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Numéro de revue: 
357
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Édith Archambault